Francis Poulenc Et La Voix : Texte Et Contexte par Alban Ramaut, Université Jean Monnet-Saint-Etienne. Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’expression contemporaine

Francis Poulenc et la voix
par Alban Ramaut, Université Jean Monnet-Saint-Etienne. Centre interdisciplinaire d’études et de recherches sur l’expression contemporaine

Quinze chercheurs en musicologie et en littérature interrogent l’oeuvre vocale du compositeur et pianiste français, par l’analyse de ses partitions et la lecture de ses écrits, mais aussi par l’approche du vécu du compositeur : Poulenc lui-même interprète avec ses interprètes, mais aussi avec ses poètes (Apollinaire, Eluard), ses condisciples ou ses proches.

Francis Poulenc
par Hervé Lacombe

Alors que Francis Poulenc (1899-1963)s’est amplement confié dans des nombreux ouvrages, entretiens, émissions de radio, une monographie fouillée restait à écrire. Après celle d’Henri Hell, parue en 1978, qui se ressent de l’amitié qui unissait le biographe et le musicien, Hervé Lacombe donne la version de référence.
À partir de documents étudiés de première main, il offre une image renouvelée d’un compositeur qui, né au XIXe siècle, s’est toujours inscrit dans son temps, ouvert à tous les courants et curieux de toutes les musiques, même s’il a choisi résolument de ne pas s’écarter de certains cadres formels.
Son œuvre, qui embrasse tous les genres et excelle particulièrement dans le domaine vocal (ses mélodies sont au répertoire de nombreux chanteurs, son opéra Les Dialogues des Carmélites est joué dans le monde entier, sa musique religieuse est interprétée par de nombreux chœurs), est ici commentée dans son rapport au langage de son époque, de manière à pénétrer la séduction qui, d’une légèreté charmeuse et assumée à une gravité profonde, attire à elle les amateurs et retient les connaisseurs.
À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort, cet ouvrage complète la connaissance d’un musicien dont on a découvert la plume élégante à travers sa Correspondance (Fayard, 1994) et le recueil de textes J’écris ce qui me chante (Fayard, 2011).

Les passions du choeur 1800-1950
par Bernadette Lespinard

Si, en 2004, la pratique chorale est devenue un sujet d’actualité grâce au film Les Choristes, elle est aussi un sujet d’histoire. L’objet de ce livre est de donner aux amateurs, aux praticiens, choristes et chefs de chœur, une histoire de leur art du début du XIXe siècle jusqu’à une période récente, et de l’insérer dans une histoire sociale et politique.
La Révolution ayant mis un coup d’arrêt à l’exercice des maîtrises religieuses, pour répondre au besoin de chant en chœur à l’église ou en concert, de très nombreux canaux d’apprentissage se sont développés aux XIXe et XXe siècles.
Les sociétés chorales ont touché une part importante de la population française entre 1850 et 1950, principalement dans les villes et les bourgs, et à des niveaux esthétiques et dans des contextes sociaux diversifiés. Sous la IIIe République, tout petit Français qui passait le certificat d’études était supposé chanter en « chœur à l’unisson » des chansons populaires et l’hymne national, tandis que le mouvement des Orphéons initiait à la musique une frange considérable de la population masculine qui n’avait pas accès aux filières classiques.
Bernadette Lespinard passe ainsi en revue les enjeux politiques portés par la musique chorale, le renouveau religieux qu’elle accompagne, la place de cette pratique dans l’Instruction publique, la part de ce répertoire dans la programmation des concerts et enfin le rôle que joue l’art choral dans la culture, les loisirs et l’idéologie au XXe siècle.
L’ouvrage se termine par une galerie de portraits d’« apôtres » de la musique chorale ; certains d’entre eux ont inscrit durablement leur action dans le panorama musical actuel.

Bernadette Lespinard, docteur en musicologie, a enseigné l’analyse et l’histoire de la musique au Conservatoire national de Région de Grenoble. Les axes privilégiés de ses recherches ont été la Chapelle royale de Versailles sous Louis XV et la musique chorale en France aux XIXe et XXe siècles. Elle a collaboré à plusieurs Dictionnaires et ouvrages collectifs en France et à l’étranger.


Denise Duval
par Bruno Bérenguer

Du Grand-Théâtre de Bordeaux, où elle fait ses débuts en 1942, au Carnegie Hall de New York, en passant par l’Opéra de Paris et les Folies-Bergère, la soprano Denise Duval aura marqué toutes ses interprétations du sceau d’un engagement scénique hors du commun. Le public et la critique n’ont d’ailleurs pas manqué de reconnaître et saluer son magnétisme, expression d’un tempérament mêlant charme, aisance et spontanéité. Sa rencontre avec Francis Poulenc, point de départ d’une relation humaine et artistique unique entre un compositeur et son interprète, lui permet de révéler, sous les facettes variées des personnages qu’elle incarne – Thérèse-Tirésias, la dame de Monte-Carlo, Blanche de la Force, et surtout l’héroïne de La Voix humaine – une personnalité tout en contrastes : gaie, mélancolique, exubérante et angoissée. Si le nom de Denise Duval reste indissociablement lié à celui du compositeur de Dialogues des carmélites, sa carrière singulière s’est cependant développée au travers d’un très large répertoire : L’Heure espagnole, Manon, Tosca, Thaïs, Madame Butterfly, Monsieur Beaucaire, La Vie de bohème, Faust, Les Indes galantes, La Poule noire, La Flûte enchantée, Obéron, Der Tod des Grigori Rasputin… Mais sait-on assez qu’elle a aussi été une Mélisande exceptionnelle ? Ce portrait d’une artiste, en décalage par rapport à l’image convenue de la « cantatrice », est complété par un choix de lettres inédites de Francis Poulenc adressées à son intime, interprète et inspiratrice, puisé dans les archives de Denise Duval pour la présente publication.

Jean Cocteau, textes et musique
par Malou Haine

Le présent ouvrage a pour sujet la mise en musique des textes de Jean Cocteau. Il est constitué de deux parties complémentaires et interactives d’une part, un catalogue raisonné décrivant l’ensemble des textes de Cocteau mis en musique à travers le monde et jusqu’à notre époque ; d’autre part, une série de contributions scientifiques analysant les conditions et les possibilités qui ont permis un tel foisonnement de création musicale. En effet, plus de 600 textes ont été recensés ayant donné naissance aux genres et aux styles musicaux les plus divers, de la musique classique à la chanson contemporaine, des mélodies orchestrales aux rythmes de jazz, des cantates et oratorios aux musiques de scène, des opéras-comiques aux musiques de film. C’est dire si cet ouvrage est en mesure de révéler bien des surprises en ce qui concerne l’impact de Cocteau sur le champ musical moderne et contemporain. Chacune des contributions scientifiques étudie non seulement le contexte qui a incité tant de musiciens à s’intéresser à Cocteau, mais s’interroge aussi sur la dimension musicale que le poète a prévue et inscrite dans l’ensemble de ses œuvres S’expliquent ainsi l’étonnante aptitude de Cocteau à collaborer avec les plus grands musiciens de son époque, son talent exceptionnel à transférer et à adapter certaines techniques musicales dans ses propres créations – songeons à ses films et ses dessins -, mais surtout le succès que ses textes ont remporté et continuent encore à susciter dans le monde musical. Signalons la présence dans ce volume du texte entièrement inédit de l’une des dernières grandes œuvres de Cocteau, l’oratorio Patmos.

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