Armand Bourgeois. Benjamin Franklin En France, À L’occasion De La Célébration De Son Deuxième Centenaire Et De… par Miriam Simon, Renée Davray-Piekolek, Charlotte Lacour-Veyranne, Christiane Dole, Musée Carnavalet, Benjamin Franklin Tercentenary Federal Commission

Benjamin Franklin
par Miriam Simon, Renée Davray-Piekolek, Charlotte Lacour-Veyranne, Christiane Dole, Musée Carnavalet, Benjamin Franklin Tercentenary Federal Commission

Evocation de la personnalité de Benjamin Franklin (1706-1790) à travers 340 peintures, sculptures, objets et documents. C’est l’ensemble de ses activités qui est retracé dans cette exposition : sa carrière de self-made man, de diplomate, son séjour parisien, ses amitiés féminines et littéraires, son influence posthume.

Journal
par Eugène Delacroix

Extrait : Louroux, mardi 3 septembre 1822[1]. — Je mets à exécution le projet formé tant de fois d’écrire un journal. Ce que je désire le plus vivement, c’est de ne pas perdre de vue que je l’écris pour moi seul. Je serai donc vrai, je l’espère ; j’en deviendrai meilleur. Ce papier me reprochera mes variations. Je le commence dans d’heureuses dispositions.Je suis chez mon frère ; il est neuf heures ou dix heures du soir qui viennent de sonner à l’horloge du Louroux. Je me suis assis cinq minutes au clair de lune, sur le petit banc qui est devant ma porte, pour tâcher de me recueillir ; mais quoique je sois heureux aujourd’hui, je ne retrouve pas les sensations d’hier soir… C’était pleine lune. Assis sur le banc qui est contre la maison de mon frère, j’ai goûté des heures délicieuses…

L’argent de l’influence
par Ludovic Tournès

Du début du XXe siècle à la chute du mur de Berlin, les grandes fondations philanthropiques américaines (Carnegie, Rockefeller, Ford, puis Soros) n’ont pas cessé d’être présentes en Europe et d’y tisser de multiples réseaux dans les milieux intellectuels, scientifiques et politiques. Fondées par de grands industriels symboles du capitalisme américain, ces fondations sont à la fois porteuses d’un projet de société libérale et partisanes d’une régulation des excès du capitalisme. Du fait de ces objectifs contradictoires, la nature de leurs actions en Europe dépend du contexte géopolitique : avant 1914 et pendant l’entre-deux-guerres, elles jouent le rôle de ciment entre les milieux pacifistes européens et américains ; avec la guerre froide, elles embrassent la bannière de la lutte contre le communisme. Présentes là où l’Etat américain ne l’est pas encore, ne l’est plus ou ne veut pas l’être officiellement, elles occupent une place à part dans la diplomatie américaine, dont elles ne contredisent jamais formellement les orientations, mais par rapport à laquelle elles s’accordent un degré d’indépendance plus ou moins important selon le contexte international. Rassemblant les meilleurs spécialistes, l’ouvrage met en scène la diversité des actions des fondations américaines en Europe tout au long du XXe siècle. Alors que leur fonctionnement et leurs objectifs restent souvent objet de fantasmes, on les verra opérer sur le terrain et constituer des réseaux denses et durables.

Le cinéma ou le dernier des arts
par Luc Vancheri

Du cinéma qui naît à la fin du xixe siècle à celui qui s’expose aujourd’hui au musée s’est jouée une histoire en trois temps, dont chacun est venu décrire un usage théorique et social du signifiant « cinéma ». Le premier consacre un appareil d’enregistrement et de projection des images en mouvement qui, parmi d’autres, a réussi à imposer un modèle technique et industriel de production des films. Point d’arrivée d’une culture visuelle façonnée par les panoramas, la photographie, le chemin de fer, la lanterne magique et les jouets optiques, le cinématographe consigne une vaste iconographie documentaire avant de s’ouvrir aux formes divertissantes du spectacle. C’est le moment Lumière. Pourtant, dès le début des années 1910, ce premier moment historique est contrarié par une demande d’art qui va profondément modifier son profil culturel et social. Si les avant-gardes ont été divisées sur ce que devait être le cinéma, partagées entre ceux qui y voyaient le moyen d’une révolution de l’art et ceux qui le comprenaient comme le réformateur du système des Beaux-Arts, l’art s’est toutefois imposé comme sa nouvelle condition historique. C’est le moment Canudo. Le troisième moment cinématographique, lui, coïncide avec l’expansion technologique de la cybernétique qui l’impose sous la forme quasi illimitée de l’expanded cinema. Le cinéma cessait d’être le nom d’un art singulier pour devenir celui d’une utopie politique et esthétique. C’est le moment Youngblood. Cet essai se propose de reprendre l’histoire de ces moments cinématographiques et fait l’hypothèse que le cinéma ne s’est maintenu septième dans la suite des arts qu’au prix d’un conflit de définitions qui ne s’est pas achevé avec la généralisation de son modèle économique.


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